A l’Assemblée, la parité qui avance ne peut occulter une lutte contre le harcèlement qui reculerait

Au lendemain des élections législatives, la parité avance dans l’Hémicycle, et c’est heureux.

Mais l’égalité entre les femmes et les hommes n’avance, on le sait, que si l’on s’y engage sur tous les fronts.

Les affaires de harcèlement sexuel et les échos réguliers de nombreux agissements sexistes avaient enfin conduit les responsables de la précédente législature à avancer sur le sujet. Le Cercle des Collaborateurs et Attachés Parlementaires (CCAP) s’est engagé pour soutenir une meilleure transparence et une meilleure prise en charge des cas de harcèlement sexuel dont peuvent être victimes principalement les collaboratrices de député.e.s, mais aussi les administratrices, hautes-fonctionnaires de l’Assemblée nationale.

Ce que nous constatons au début de cette nouvelle législature nous inquiète. Pendant de nombreux mois, le CCAP s’est battu pour améliorer la visibilité et la simplicité d’accès au dispositif de lutte contre le harcèlement et les agissements sexistes mis en place par l’Assemblée en 2013, à notre initiative.

Or, d’une part, nous constatons que cette visibilité a reflué ces dernières semaines. En l’occurrence, c’est la visibilité de l’espace d’information sur l’Intranet destiné aux collaboratrices.teurs et député.e.s, qui a reflué. Alors même qu’elle sert de première orientation en interne pour les victimes, que ce soit au palais Bourbon ou en circonscription.

Nous sommes surpris.e.s d’autre part que beaucoup d’actions déjà validées doivent à nouveau être soumises aux futur.e.s Président.e et Questeur.e.s de l’Assemblée. En adoptant le rapport du Déontologue en novembre 2016, le précédent Bureau de l’Assemblée avait de fait acté un certain nombre de décisions. Affichage de la loi et du dispositif dans les espaces communs et les bureaux des député.e.s, information – formation des collaboratrices et collaborateurs au palais Bourbon comme en circonscription : ce sont, entre autres, des sujets qui ne devraient pas être remis sur le métier, mais déjà transformés en actes. Sans compter les incertitudes sur le devenir du déontologue… Nos inquiétudes sont fondées, et légitimes.

Nous appelons dès maintenant et très solennellement les prochain.e.s responsables de l’Assemblée à agir avec clarté, détermination et rapidité. 

Certes la parité est fondamentale. Bien sûr, le statut des collaborateurs pour lequel nous nous battons et qui a une place dans l’espace médiatique ces jours-ci est indispensable. Mais à l’heure des choix et des symboles qui doivent être posés dès le début de législature, la lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes est un sujet fondamental : ne pas s’en occuper, c’est la faire reculer, et la faire reculer, c’est encourager de nouvelles affaires autant que le sexisme ordinaire. Nous en appelons à l’exemplarité.