Les Collaborateurs parlementaires
Présenter le métier d’assistant parlementaire (dénommé par les textes « collaborateur de député » à l’Assemblée Nationale et « assistant de sénateur » au sénat) peut évidemment se faire d’une manière générale : il s’agit d’assister un homme ou une femme dans le cadre de son mandat pour la partie politique, voire juridique de ses attributions.
Toutefois, établir une définition permettant d’appréhender réellement le rôle de ces « collaborateur » pose de nombreuses difficultés. On peut le constater si l’on se penche sur les quelques lignes qui traitent des fonctions de ce dernier dans la fiche de synthèse de l’Assemblée Nationale concernant les collaborateurs.
" Les tâches confiées dépendent fondamentalement des besoins du député et des compétences de la personne recrutée :
- La plupart des collaborateurs se voient confier des tâches d'assistance et de secrétariat comme la tenue de l'agenda, la prise de rendez-vous, la permanence téléphonique et l'assistance à diverses tâches matérielles.
- Les collaborateurs les plus qualifiés, disposant par exemple de diplômes de second cycle universitaire, apportent de surcroît une contribution qui touche à l'exercice de son mandat par le député : rédaction de discours, préparation de propositions de lois et d'amendements, représentation au sein du groupe politique, etc. " (Source : L’Assemblée dans les institutions française. Edition novembre 2009.)
Il est impératif, pour pouvoir cerner plus précisément en quoi consiste cette fonction, de prendre en compte nombre de paramètres.
La relation personnelle qui se crée avec chaque parlementaire, la dimension politique de la fonction, les attentes de ce dernier ou le fait d’être en Circonscription ou à l’Assemblée Nationale sont tant d’éléments qui sont à prendre en compte pour définir le rôle et les fonctions de chaque collaborateur. Ce métier nécessite donc, en plus d’une base de connaissances (politiques, juridiques, de culture générale, etc.), une grande capacité d’adaptation.
On peut également expliquer le flou qui existe autour de ce métier par les transformations du travail qu’il aura à effectuer. Les nouvelles technologies et l’importance qui est donnée au Parlement au gré de l’évolution des pratiques constitutionnelles, notamment suite à la récente réforme du 21 juillet 2008 influe sur le rôle de la représentation nationale, et de fait sur celui des collaborateurs.
Enfin, le travail de l’assistant varie évidemment en fonction de la position du député sur l’échiquier politique (majorité ou opposition), de ses autres responsabilités (mandats) ou encore de son ancienneté.
Connaître parfaitement le fonctionnement de l’Assemblée Nationale et savoir se servir des outils mis à la disposition des élus et des collaborateurs fait partie des attributions premières de l’assistant. L’importance de comprendre et s’adapter au temps parlementaire est fondamental, tant en ce qui concerne l’agenda du député que pour l’organisation même du travail de l’assistant.
En raison de sa présence à Paris (ce qui inclue bien souvent éloignement géographique de la circonscription mais également suivi du député dans son rôle de législateur), les tâches du collaborateur à l’Assemblée Nationale sont relativement ciblées, et différentes de celle du collaborateur de la permanence.
De façon générale, les collaborateurs de circonscription sont amenés à traiter plus souvent des dossiers locaux, le volet législatif étant alors du ressort de l’assistant parisien. Toutefois, cette répartition peut évoluer en fonction des besoins du parlementaire (certains concentrent toute leur équipe en circonscription), il convient donc de présenter les différentes fonctions de manière globale.
Etant, en quelque sorte le lien entre les citoyens et le parlementaire, le collaborateur va accomplir différentes missions en fonction du rôle qui lui est confié :
- Traitement des courriers postaux (interpellations de particuliers, d’associations, de lobbies / rapports annuels d’activité / documents officiels… ) et électroniques (entre 100 et 200 par jour) du député.
- Gestion de l’agenda
- Rédaction de notes sur des textes qui vont être discutés, sur des faits d’actualité et sur des sujets plus généraux
- Rédaction des questions écrites et des courriers aux ministères.
- Assister aux réunions et auditions concernant un texte sur lequel le député souhaite travailler.
- Rédaction des interventions et des discours.
C’est également bien souvent le collaborateur qui s’occupe de la communication du député : rédaction de communiqué, de dossier de presse, gestion du site internet ou du blog.
Outre ces attributions, et en fonction de l’organisation de l’équipe, un assistant peut être amené à s’occuper de tâches plus « matérielles », ou au contraire à jouer un véritable rôle de conseiller juridique et politique.
Il arrive également qu’il ait une fonction un peu particulière, qui bien qu’épisodique, est malgré tout relativement courante lorsque le député engage un stagiaire. Théoriquement attaché à ce dernier, c’est en pratique l’assistant qui sera chargé de lui faire découvrir le fonctionnement de l’institution et de le former au quotidien.
Dans l’éventail de ces différentes fonctions, qui ne peut être exhaustif, l’assistant doit donc trouver sa place en fonction de nombreux critères. C’est dans ce cadre que sa capacité d’adaptation joue tout son rôle : savoir s’intégrer dans une équipe, comprendre et s’accorder aux attentes et aux intérêts de son parlementaire, évaluer l’urgence de chaque tâche, sont des compétences qu’il convient de développer parallèlement à l’apprentissage de la technicité de ce métier.
Pour plus d’information, vous pouvez consulter l’article de WIKIPEDIA sur l’Assistant parlementaire :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Assistant_parlementaire
BIBLIOGRAPHIE :
- Ouvrages :
Cadieu Pascal, « Les collaborateurs politiques : statuts et missions », Territorial, Paris, 2000, 156 pages
Guillaume Courty et collectif, « Le travail de collaboration avec les élus », Michel Houdiard, 2005 :
Le travail politique n'est pas une activité solitaire d'un élu dans une institution. Il n'est pas non plus uniquement encadré, aidé et soutenu par les fonctionnaires en poste (des administrateurs du Parlement aux directeurs des services des collectivités territoriales) ou par les groupes structurés autour d'un parti ou d'une " famille politique ". Depuis le milieu des années 1970, le recrutement de collaborateurs a été officiellement autorisé par l'octroi de simples crédits permettant de les rémunérer. Devenus depuis des agents participant au travail dans l'institution, ces collaborateurs (assistants parlementaires, membres des cabinets des collectivités territoriales, secrétaires de mairie) se sont imposés, certains sous une forme collective (les cabinets), d'autres sous une forme individuelle (les conseillers et attachés). Tous entourent, encadrent, anticipent, écoutent et rendent compte : ils pallient la difficulté éprouvée par nombre d'élus à ne plus pouvoir satisfaire seuls les obligations de leurs mandats électifs. Cet ouvrage, le premier à se pencher sur cette transformation du métier politique par la division nouvelle du travail politique entre les élus et leurs collaborateurs, a un double objectif. Cerner les catégories de personnels qui composent cette nébuleuse des collaborateurs aux carrières peu connues et comprendre la part qu'ils prennent au travail politique et la relation particulière qu'ils nouent avec leurs élus et les institutions. L'équipe de chercheurs qui a collaboré à cet ouvrage espère avoir ainsi offert une meilleur compréhension des conditions dans lesquelles une partie du travail politique s'effectue, la partie la moins visible, la plus fantasmée, celle des " hommes de l'ombre ".
- Articles :
Eric Kerrouche, « Usages et usagers de la permanence du député », Revue Française de Science Politique, Presses de Sc. Po., 2009/3 (vol.59)
http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RFSP_593_0429
Cet article fondé sur un important corpus de recherche montre la place spécifique qu’occupe la permanence aussi bien pour le député que pour ses usagers. Pour ces derniers, qui sont le plus souvent proches politiquement du député, elle est avant tout un guichet de type social. Les interventions à caractère individuel priment sur celles faites à titre collectif. Pour le député, la permanence est une institution indispensable mais dont les effets – qui sont pourtant réels – ont un impact difficile à quantifier s’agissant de l’amélioration du vote personnel en sa faveur.
Patrick Le Lidec, « Les députés, leurs assistant et les usages du crédit collaborateur. Une sociologie du travail politique », Sociologie du travail, Volume 50, numéro 2 pages 147-168 (avril-juin 2008).
http://www.em-consulte.com/article/168554
Cet article propose une analyse des modes d’organisation des équipes parlementaires et étudie les tâches déléguées par les députés à leurs collaborateurs directs, les assistants parlementaires. L’analyse de la répartition des tâches au sein de ces équipes suggère que l’organisation et la division du travail doivent se comprendre principalement à partir des contraintes électorales pesant sur les députés en circonscription. La majorité des collaborateurs parlementaires y est affectée parce que l’exercice du métier de député implique le développement d’intenses relations de service en direction des électeurs. Les équipes parlementaires sont tellement sollicitées par les électeurs pour résoudre les problèmes personnels les plus divers qu’elles sont contraintes de développer des stratégies de régulation de la demande et d’y répondre souvent de manière symbolique. L’entretien de ces relations, qui rejaillit jusque dans le travail législatif, apparaît pour les députés comme un moyen de réduire le risque professionnel inhérent à une carrière élective. L’auteur montre l’adaptation des députés à un mode de scrutin qui les incite à adopter une conception de la représentation plus proche du porte-parole des habitants de la circonscription que du représentant de la Nation.
Claude Gibel, « L'évolution des moyens de travail des parlementaires », Revue française de science politique, 1981, volume 31, pp 211-226.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1981_num_31_1_393949
Daniel Gaxie, « Les enjeux citoyens de la professionnalisation politique », Mouvements 5/2001 (no18), p. 21-27.
http://www.cairn.info/revue-mouvements-2001-5-page-21.htm#citation
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